ACCEPT

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Pays Allemagne
GenreHeavy metal, speed metal, power metal[1], hard rock
Années actives1968-1989, 1992-1997, 2004-2005, depuis 2009
Site officielacceptworldwide.com
Facebookhttps://www.facebook.com/accepttheband
Twitterhttps://twitter.com/accepttheband

 

Accept est un groupe de heavy metal allemand, originaire de Solingen. Il est fondé par le chanteur Udo Dirkschneider et par le guitariste Michael Wagener (devenu producteur depuis). Le groupe débute sous le nom de Band X, en 1968, avant de prendre le nom d'Accept, en 1971. Il ne commence une carrière professionnelle qu'à la fin des années 1970. Le groupe se dissout et se reforme plusieurs fois ; dernièrement en 2009. Il est notamment reconnu pour avoir joué un rôle important dans l'essor du speed metal, avec leur chanson Fast as a Shark. L'album Balls to the Wall, sort en 1983, et est vu comme l'un des disques classiques de l'histoire du metal.

Au niveau esthétique, leur musique est plus particulièrement connue pour un style de heavy metal incisif et puissant. Elle est aussi marquée par de nombreuses références à la musique classique. Le groupe a également exploré différentes possibilités stylistiques (entre autres dans le hard FM, le speed metal, le hard rock, le metal alternatif, etc.). Au niveau des paroles, une partie importante du répertoire est marquée par des textes engagés liés aux questions sociales et aux droits de l'homme (l'oppression des minorités dans le monde, la dénonciation du racisme, des préjugés, de la peine de mort, de la guerre et du militarisme, du fondamentalisme religieux ou, encore, du conformisme social, etc.).

Le groupe connaît un succès important au cours des années 1980. Il est souvent considéré comme la seconde figure importante du heavy metal allemand, après Scorpions. Il fait également l'objet de controverses au cours des années 1980, dans lesquelles il est accusé, sans fondement, de sympathies nazies (en France et en Pologne), de sympathies soviétiques (aux États-Unis), d'attitudes anti-soviétiques (en URSS). Il leur est également reproché la thématique apparemment gay-friendly de certaines chansons et imageries. Ces controverses se dissipent avec le temps.

Biographie

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A9buts_.281968.E2.80.931978.29">Débuts (1968-1978)

« Tout a commencé avec une guitare, une guitare que j'ai achetée avec mon premier salaire en 1962. J'avais 13 ans et j'ai fait mes premiers pas avec Udo Dirkschneider dans un groupe qui deviendrait plus tard Accept. Le nom a été choisi en référence à l'album de 71 du groupe de blues britannique Chicken Shack, se souvient Michael Wagener. »

Le groupe débute sous le nom Band X en 1968, avant de prendre le nom Accept en 1971. Il était alors constitué de Udo Dirkschneider, des guitaristes Michael Wagener et Jan Koemmet et du batteur Birke Hoe. À la fin des années 1960, le groupe n'en est encore qu'à un stade embryonnaire et se contente d'« expérimenter». Band X joue son tout premier concert à Wuppertal, la ville natale de Dirkschneider. « Nous avons gagné 20 deutschmarks » se souvient le chanteur (l'équivalent de 10 euros) « et interprété trois morceaux. Je m'occupais simultanément du chant et des claviers. La sono ne fonctionnait pas très bien. Il a fallu que nous réparions des trucs en cours de concert. Mais bon, comme première expérience live, il y a pire. » Les activités de Band X sont interrompues aux débuts des années 1970, lorsque Wagener et Dirkschneider sont appelés sous les drapeaux. En 72, après le service militaire, Wagener trouvera un emploi en tant qu'ingénieur électrique, au Stramp Audio de Hambourg. Dirkschneider, quant à lui, fait la connaissance du guitariste Gerhard Wahl et décide de relancer les activités de son groupe. Viendront s'ajouter bientôt Hansi Heitzer à la guitare et Franck Friedrich à la batterie. Glad to Be Alone fut la toute première véritable chanson composée sous le nom d'Accept. La chanson figurera plus tard sur leur premier album. « C'était longtemps avant que nous n'enregistrions notre premier disque se rappelle Dirkschneider, Peter Baltes et Wolf Hoffmann ne faisaient pas encore partie du groupe, c'est dire? »

En 1975, le bassiste Dieter Rubach rejoint le groupe mais le quitte cette même année. Plus tard, il se joindra à nouveau à Dirkschneider au sein du groupe U.D.O. en 1987. Jan Koemmet quitte également cette année-là mais reviendra brièvement en 1982. Durant ses premières années, le groupe répète des standards de l’époque à Solingen en Allemagne. En 1976, le groupe est repéré par les organisateurs du festival Rock Am Rhein (cette même année Michael Wagener quitte le groupe pour une carrière de producteur). Ces derniers invitent Accept à jouer durant le festival. C'est cette même année que Wolf Hoffmann rejoint le groupe en tant que second guitariste.

« J’avais seize ans quand j’ai rejoint Accept, se rappelle le guitariste. Je n’avais jamais joué dans un groupe sérieux auparavant. Ma première performance publique a eu lieu en 1976 dans notre ville natale de Solingen. Je me sentais très nerveux, et rien que le fait d’assurer le concert en entier me paraissait un exploit ! Je me souviens plus de la setlist, mais je pense que certains morceaux joués ce soir-là apparaissent sur notre premier album qui renferme de nombreux titres écrits à cette époque. »

Le bassiste Peter Baltes (ex-Pythagoras) rejoint le groupe aussi à cette époque. Gerhard Wahl prendra la place de Wagener en tant que second guitariste. Jörg Fischer (de Frenzy) viendra prendre la place de Wahl par la suite. Le groupe donne ses premiers concerts dans la région en 1977 et décroche un contrat avec le label allemand Metronome de Hamburg, l'année suivante,.

Premiers albums (1979-1982)

Les deux premiers albums du groupe sortirent respectivement en 1979 et 1980, mais tous deux furent publiés confusément sous le titre Accept et sous de nombreuses variantes de couvertures. Le premier est « souvent appelé Lady Lou », écrit Hervé Picart, « tant pour le titre qui porte ce nom que pour la ravissante à la tronçonneuse qui orne la pochette ». Le second est parfois dénommé d'après son titre d'ouverture I'm a Rebel.

Accept (Lady Lou) et I'm a Rebel (1979)

Le premier album sera enregistré à la fin de l'année 1978, (de septembre à décembre). Peu de temps, après l'enregistrement, le batteur Franck Friedrich les quitte. Il sera remplacé par un ami du groupe Stefan Kaufmann également originaire de Soligen. Le disque sort début 1979. Ce premier album reprend des chansons qu'ils jouaient depuis des années déjà. Sur deux chansons de cet album, Sounds of War et Seawind, le bassiste Peter Baltes prend la place de Udo au chant. Au niveau de la qualité des chansons, Weitzmann estime que cet album ne met pas encore en valeur toutes les possibilités du groupe : « Dû au fait d'une production faible, ce disque montre un groupe encore hésitant, surtout au niveau des compositions, mais certains morceaux tels que Tired of Me, Glad to be Alone ou le fulgurant That's Rock'n'Roll dénotent une virulence indéniable ». Hervé Picart rejoint plus ou moins cette analyse. Selon lui, « si un morceau comme That's Rock n'Roll y atteste qu'Accept possède déjà une énorme énergie, ce disque à la production un peu fruste n'impose pas vraiment un groupe encore raide et n'allant pas au bout de ses possibilités, tant pour la voix éraillée d'Udo que pour les duels de guitare. » À la suite de la parution du disque, le groupe entame une tournée à travers l'Allemagne pour promouvoir l'album. Le groupe, écrit Picart, « put décrocher quelques premières parties intéressantes, mais les choses restent longtemps difficiles pour lui car l'Allemagne de 1979 se passionnant davantage pour une new wave spectrale que pour le hard rock. Accept tombait à un mauvais moment. Cela ne fit que lui donner davantage de hargne et cette année d'adversité contribua à le faire murir, à radicaliser ses riffs. Udo, souvent amené à s'imposer dans des conditions difficiles, força sa voix qui devint ce rugissement indescriptible que nous connaissons à présent. »

En octobre 1979, ils retournent en studio pour enregistrer leur deuxième album : I'm a Rebel, produit par Dirk Steffens. La chanson titre a été à l'origine écrite en 1976 pour le groupe australien AC/DC, par Alexander Young (sous le pseudonyme de George Alexander),, : « Nous avons eu vent de ce morceau, explique Hoffmann, par le biais de notre éditeur à Hambourg. Elle est écrite par Alex Young, un des frères de Malcom et Angus de AC/DC. Ils n'ont jamais sorti la chanson mais nous avions une cassette démo avec Bon Scott au chant. J'aimerais remettre la main sur cette cassette, mais je crains de l'avoir égarée par inadvertance après toutes ces années. » Ils réaliseront leur premier clip pour cette chanson. Weitzmann et Picart estiment que cet album fait ressortir d'incontestables progrès,. Comme le remarque ce dernier : « Les compositions y sont plus denses, plus acharnées. On retrouve dans Accept ce concentré de fureur qui fit l'excellence des meilleurs albums d'AC/DC. La voix d'Udo s'exprime cette fois à plein et les passes d'armes de Wolf et Jörg montrent davantage de brio, de fièvre et de mise au point. La personnalité musicale du groupe commence à se dessiner, et s'oriente vers un heavy rock au martèlement régulier, tenacement scandé[?]. Quelques recréations plus mélodiques signalent toutefois, à l'instar de China Lady, que l'on se situe dans la patrie des Scorpions. »

Ce sera leur premier disque à franchir les frontières allemandes et sera distribué en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Leur champ d'activité s'élargit, le groupe aura l'occasion de jouer notamment en Hollande et en Belgique. Picart observe toutefois que « malgré la qualité de son second album, le groupe continuait à végéter ». Rétrospectivement, le groupe reste peu satisfait de ces deux disques. Wolf Hoffmann, le guitariste remarquait à ce propos : « Le premier album était en fait une compilation des morceaux que l'on avait joués des années auparavant, si bien que l'album tout en étant heavy, partait dans des directions diverses. Le deuxième album était plus professionnel. Cependant pour nous il représente un temps mort dans notre évolution et un pas pris dans la mauvaise direction. »

Breaker et Restless and Wild (1981-1982)

À la suite des tentatives commerciales infructueuses de l'album précédent, le groupe décide de ne plus se « laisser influencer musicalement par qui que ce soit d'extérieur au groupe ». En 1981, il enregistre Breaker (mixé par Michael Wagener). Dirkschneider considère que Breaker fait partie des meilleurs albums d'Accept et marque le début de l'ère la plus glorieuse du groupe. Hervé Picart parle de « chef-d'œuvre » à propos de cet album : « Cette fois, à côté des lancinantes pièces aux riffs à la Space Invaders, la machinerie Accept s'emballe pour de bon. On ne sait qui a versé du méthylène dans son réservoir, mais le fait est que le groupe se débride et passe au travers des murs. Starlight, Breaker, Son of a Bitch (qui connaîtra d'ailleurs quelques problèmes de censure, les paroles d'Accept n'étant pas vraiment du Chantal Goya), autant de pièce d'artillerie lourde qui vont devenir des classiques du groupe. Mais le titre qui semble le plus révélateur s'avère Burning, car l'on y sent que nos Germains manifestent à présent sans retenir un tempérament incendiaire. » Accept connaît ses premiers succès et se lance dans une tournée européenne. C’est aussi l’année où le groupe engage Gaby Hauke comme manager. Celle-ci fut l'une des premières et des rares manageuses dans le rock. Comme le soulignait rétrospectivement Mad Scott, en 1986, l'efficacité et l'autorité, dont elle fera preuve, contribueront largement à leur succès par la suite. Eu égard aux fans, elle exigeait systématiquement des organisateurs de concert que « les prix soient les plus bas possibles ». À la sortie de Breaker, cette dernière leur permettra d'assurer la première partie de Judas Priest en Angleterre et en Allemagne. Ce qui pour le jeune groupe, constituait, une opportunité de rêve. Mais la tournée s'avéra difficile pour le groupe dû au manque de soutien de la maison de disques, c'est le groupe lui-même qui a du payer de sa poche, : « Ce fut une expérience étrange et un sale coup de notre maison de disques. Personne ne nous connaissait là-bas et les kids nous regardaient assis en attendant Judas. On n'a pas eu de promotion, aucune facilité, la maison de disques s'en foutait. »

« On était sans un rond et on mourrait littéralement de faim la plupart du temps, se rappelle Hoffmann. C'était une tournée autofinancée sans le moindre soutien de label. Alors il nous arrivait à l'occasion de nous faufiler dans les vestiaires de Judas Priest et de piquer quelques trucs sur leurs plateaux de traiteur. Un jour on s'est fait prendre par leur manager de tournée et on s'est fait virer de la pièce, ah! La tournée fut quand même une expérience super qui nous a ouvert les yeux, c'était notre première tournée avec un « vrai » groupe. Bien sûr, on voulait faire exactement comme eux et les albums suivants ont été marqués par quelques influences de Judas Priest,. »

Juste après la tournée en Angleterre, Jörg Fischer quitte le groupe. Hoffmann en explique les circonstances dans une interview accordé au magazine britannique Kerrang!. Selon lui, c'était surtout un problème d'ordre personnel, plus qu'artistique. Il explique que le groupe est un peu comme une "unité soudée" où chacun se donne à 100 %, "si quelqu'un décide qu'il ne peut plus tout donner, alors l'unité se rompt. C'est ce qui s'est passé avec Jörg et nous avons donc décidé, en tant que groupe, qu'il devait partir.". Fischer quitte donc le groupe avant même qu'ils aient commencé à enregistrer l’album suivant. Le groupe, exigeant sur la qualité du guitariste, mettra longtemps avant de pouvoir trouver un remplaçant. Selon Hoffmann, une trentaine de personnes ont été auditionnées, mais aucun ne semblait vraiment convenir.

C'est durant l'année 1982, parallèlement aux recherches d'un remplaçant pour Fischer, que le groupe commence à travailler sur le successeur de Breaker. Pour ce faire, ils font appel à un vieil ami, ancien membre d’Accept, Jan Koemmet,, pour travailler sur les ébauches de chansons et pour les aider à trouver le feeling et l’état d’esprit souhaité.Ces ébauches sont encore assez différentes du résultat final. Les couplets, ont entre temps, été remaniés, les soli altérés et les paroles d'une des chansons (qui deviendra plus tard Get Ready) complètement réécrites. Quelques semaines plus tard, le groupe enregistre le quatrième album qui s'intitulera Restless and Wild - album produit par Michael Wagener, ancien guitariste du groupe. Ils trouvent finalement un guitariste remplaçant idéal en la personne de Herman Frank,. Hoffmann l'a repéré lors d'un petit concert dans la région de Nuremberg. Il lui proposa de faire quelques essais. Le courant passe bien au niveau personnel et le groupe lui propose la place de guitariste. Mais le nouveau guitariste, encore peu rôdé à la musique du groupe, ne participera que très peu à l'enregistrement du disque. C'est essentiellement Hoffmann qui se chargera de l'enregistrement des parties de guitare.

Avant même sa sortie, l'album acquiert une renommée underground du fait de la circulation de milliers de cassettes bootleg quelques mois avant sa mise en vente. L’album eut beaucoup de succès notamment grâce aux chansons Fast as a Shark (chanson généralement considérée comme l'un des premiers morceaux de speed metal,) et Princess of the Dawn. Picart considère cet album comme décisif dans la carrière du groupe. Il décrit ainsi l'album comme un parfait mélange de « speed hystérique [?] et de heavy flibustier ». Le disque achève donc de propulser le groupe « au premier rang des espoirs majeurs » de la scène metal de l'époque. Pour la promotion de l'album, Dirkschneider « modifie son look, taille ses cheveux longs pour une coupe plus austère et adopte une allure paramilitaire » - attitude qui, selon Picart, « achève d'imposer Dirkschneider comme une figure essentielle du heavy des années 1980. »

La critique, à la sortie de l'album est élogieuse. Enfer Magazine écrit : « Que dire de cet album, sinon qu'il porte bien son titre, il est réellement « remuant et sauvage. » Tous les morceaux tel le premier, sont écrits sur un tempo rapide mis à part Shake Your Heads, Neon Nights, et Princess of the Dawn, qui sont plutôt lents et lourds mais qui vous aplatissent tout autant. À noter, également, que Don't Go Stealing My Soul Away sonne très AC/DC, tout comme Midnight Highway sur Breaker. Restless and Wild est indispensable à tous les fans de JUDAS et de SAXON. » La sociologue américaine et spécialiste du heavy metal, Deena Weinstein, compte également ce disque parmi les cent albums de metal les plus référentiels.

Succès (1983-1986)

Balls to the Wall (1983)

En 1983, juste après la tournée Accept enregistre un autre album, Balls to the Wall (mixé par Michael Wagener). La chronique d'un des magazines français de l'époque, Metal Attack, est élogieuse : « Difficile de trouver des formules pour parler de Balls to the Wall. À cause d'une raison très simple: Rien dans la musique d'Accept n'est fondamentalement original. Et pourtant?et pourtant, cet album est fondamentalement fabuleux ! Comment expliquer ce miracle.[?] Un mot peut aider à comprendre, et ce mot est magie? ou si vous préférez génie pour transfigurer ce qu'on croyait rabâché un milliard de fois en un son neuf. Écoutez bien Balls to the Wall, le morceau titre : Jamais encore aucun groupe n'avait porté à ce paroxysme impitoyable le caractère d'hymne guerrier du metal. Une violence, une puissance, une incandescence, qui se poursuit sur London Leather Boys avec une intensité qui ne se dément pas un instant.[?] Accept n'est pas un nouveau Led Zep ou Deep Purple, mais un héritier qui a su assimiler tout ce que lui ont légué ses ainés pour se frayer sa propre voix royale. »

À partir de cet album, les textes seront signés par un mystérieux parolier attitré, Deaffy, dont on ignorera longtemps l'identité, jusqu'à ce que le voile soit levé à la fin des années 1990, sur le site web du guitariste. Il s'agissait de Gaby Hauke (manager du groupe et épouse de Wolf Hoffmann). Lors d’un concert de Noël, Jörg Fischer rencontre le groupe qui lui propose de réintégrer les rangs. En 1984, Fischer réintègre Accept alors que le groupe achève sa tournée avec notamment un concert tonitruant aux Monsters Of Rock Allemand pour clore celle-ci. En fin d’année Accept entre en studio avec le producteur Dieter Dierks (qui avait déjà travaillé avec Scorpions) pour un album qui est annoncé comme novateur.

Metal Heart et Kaizoku-Ban (1985)

En 1985, Metal Heart sort et s'avère effectivement novateur. On y remarque l'apport de synthétiseurs et de parties où le groupe reprend des morceaux de musique classique (comme la Marche slave de Tchaïkovski (pour l'intro) et La Lettre à Élise de Beethoven (pour le solo), dans le morceau Metal Heart). Accept fait une grande tournée mondiale et décroche le gros lot au Japon. L'album se caractérise par une tentative prudente vers une plus grande accessibilité, et place un certaine emphase sur l'accroche et la mélodie. Malgré son léger adoucissement, cet album est généralement considéré comme un des meilleurs du groupe au côté des albums Balls to the Wall, Restless and Wild et Breaker. Il rencontra un grand succès dès sa sortie. Les chroniques des revues spécialisées de l'époque sont élogieuses. Jean-François Bouquet de Metal Attack, par exemple, chroniquait l'album en ces termes : « Est-il possible que l'album de l'année 1985 soit celui-ci ? En tout cas, Metal Heart s'impose comme un sacré disque. Nous savions tous depuis longtemps, qu'Accept est un excellent groupe, mais là? attention ! Dieter Dierks, producteur génial, a mis son talent au service d'un des groupes de metal les plus doués. Lorsque je suis allé à Cologne, en compagnie de Zégut, pour écouter cet album, je ne savais ce qui m'attendait: Une grande claque ! [?] Udo et sa bande signent, là, un album dont on n'a pas fini de dire du bien ! [?] Wolf Hoffmann, [?] nous a expliqué à quel point ils avaient soigné Metal Heart, même au niveau de la pochette [?] Accept veut faire de ce nouvel album une bombe. [?] Metal Heart, un cœur de metal qui n'a pas fini de battre dans celui des hardos. »

De la tournée est tiré un mini-live, Kaizoku Ban, destiné au public japonais. Hoffmann explique les circonstances qui les ont amenés à sortir ce disque : « Notre Label japonais avait besoin d'un produit live pour son marché intérieur. Ils nous ont envoyé un vingt-quatre pistes mobile qui enregistre deux concerts à Nagoya. Cela ne nous paraissait pas vraiment sérieux. En écoutant les bandes, nous nous sommes ensuite aperçus qu'elles étaient bonnes. » Le titre Kaizoku-Ban, signifie bootleg en japonais. Le disque avait été conçu à l'origine comme un pirate officieux. Baltes remarque rétrospectivement : « Kaizoku-Ban a constitué une excellente expérience. La plupart des albums en public sont bourrés de dubs, de réenregistrements. La première fois que nous l'avons écouté, nous avons été surpris : il était bon, sans même le trafiquer. Aujourd'hui, nous savons que nous sommes capables de faire un live qui tient la route. C'est plutôt agréable comme sensation. » Cette même année, le groupe sort un album Best of, Hungry Years, proposant de nouveaux remixes de chansons issues des albums I'm a Rebel, Breaker et Restless and Wild.

Russian Roulette (1986)

En 1985, le groupe entreprend l'enregistrement d'un nouvel album qui sortira au début de l'année 1986. Après avoir tenté une approche plus commerciale avec Metal Heart, le groupe, peu satisfait, ressentait le besoin de revenir à un son plus agressif, plus proche de Balls to the Wall avec leur nouvel album Russian Roulette. Hoffmann explique : « Pour bien sentir l'évolution, il faut se reporter à Balls to the Wall. Cet album abordait les mêmes sujets que Russian Roulette, d'une façon très agressive. Nous avons voulu faire ensuite un disque moins direct, avec Metal Heart. Pour être tout-à-fait honnête, je crois que nous pensions que les Américains recevraient mieux un album plus doux que Balls. Nous avons donc essayé, mais le résultat ne nous a pas comblés. Alors, nous sommes revenus à ce que nous ressentons réellement. [?] Cela ne veut pas dire que l'album est meilleur que Metal Heart. Cela signifie seulement qu'il nous ressemble plus. »

Ce disque sort à un moment où le groupe est à l'apogée de sa popularité. L'album fut très bien reçu à l'époque, et entre même directement à la dixième place dans les charts allemands. En France, la critique est élogieuse, en témoigne la chronique d'Enfer magazine en 1986 : « Si le barillet est plein, la roulette russe devient un jeu dangereux. Et Accept est devenu un groupe dangereux. Dangereusement bon. [?] Mélange subtilement dosé de pèche ravageuse et d'harmonies convaincantes. [?] Dix morceaux percutants construits, que les germains vous balancent sur le museau avec talent. Et, en plus, c'est varié : du tempo lourd de TV Wars, on passe au hit single Monster Man. Après le crescendo oppressant de Russian Roulette [?] on arrive à la pseudo-ballade (allez danser là dessus !) : It's Hard to Find a Way. Et puis pas de descriptif. Écoutez tout parce que tout est bon. Retenez simplement l'aplatissant et complexe Heaven is Hell, le riff purpelien de Man Enough to Cry et le rythme un peu déglingué de Stand Tight. En passant, un mot des guitaristes qui glissent vers un lyrisme tantôt exalté, tantôt désespéré, Wolf Hoffmann a fait des progrès assez extraordinaires. S'il n'est pas encore un génie du manche, il sait quand même lui transmettre les mouvements de son âme et c'est parfois beau à en pleurer. Une grande réussite. »

Le groupe entreprend une gigantesque tournée mondiale comprenant des dates en Grande-Bretagne avec le groupe Dokken (et UFO lors de leur passage en Allemagne). Le show marquera notamment les mémoires pour la chorégraphie provocatrice durant la chanson antimilitariste Russian Roulette, où les musiciens habillés en militaires exécutent une marche au pas de l'oie, en jouant de leurs instruments. Au cours de la tournée, Baltes, Hoffmann et Gaby Hauke décident de vivre aux États-Unis : « Je suis parti là-bas », explique Baltes « [?] car la plupart du business se trouve aux USA. Nous passions désormais plus de temps là-bas qu'en Allemagne! Les tournées US sont plus longues, il y a des tas de studio pour bosser et il faut reconnaître que les gens sont plus cool aux States. C'est incontestablement le pays de la musique et c'est une sorte de paradis pour un musicien. »

Nouveau tournant (1987-1989)

Changement d'orientation et de personnel (1987-1988)

Au cours de l'année 1987, le groupe fait part de son envie d'explorer de nouvelles approches stylistiques inspirées par le hard FM américain. Dirkschneider ne se sentant pas capable d'assurer des parties vocales appropriées à ce genre, préfère partir pour fonder son propre groupe U.D.O.. Peter Baltes en évoque les circonstances : « Après la fin de la tournée japonaise durant l'été 86, nous avons composé de nouveaux morceaux puis nous nous sommes rendu compte qu'ils ne convenaient pas à Udo. On s'est tous réunis. Udo nous a dit qu'il ne pouvait pas chanter nos nouvelles compositions. Nous avons donc décidé de nous séparer pour que chacun puisse faire son truc. » Le chanteur explique les raisons de son départ : « Le problème remonte à la période Metal Heart, pour être précis. Chacun a pu noter une orientation plus mélodique chez Accept. Le groupe voulait à tout prix composer des titres plus FM. Cela posait un grave problème en soi : j'ai ma voix et je ne peux en changer. Je ne pouvais pas me limiter à du matériel trop léger. Il me fallait du vrai heavy, quelque chose d'agressif qui corresponde à mon timbre. C'est un problème vocal : je peux chanter que sur du hard avec juste un peu de mélodie, pas trop, comme c'était en train de le devenir. »

Pour l'aider à lancer sa carrière solo, le reste d'Accept et la parolière Deaffy lui proposent un album entièrement écrit, Animal House, composé de chansons d'Accept qui avaient été originellement enregistrées en démo, mais jugées trop agressives pour un successeur de Russian Roulette. « C'était notre cadeau pour Udo » explique Hoffmann, « pour lui donner un bon départ dans sa carrière solo ». À la suite de son départ, Rob Armitage, ex-chanteur de Baby Tuckoo est engagé par le groupe comme nouveau chanteur. Mais le groupe jugea que le chanteur « n'avait pas assez de personnalité pour s'intégrer au groupe et la collaboration n'a pas duré ». Le groupe est reparti à la recherche d'un nouveau chanteur au cours de l'année 1988. Le groupe sollicitera, pour ce faire, les services d'« une agence à Los Angeles qui s'est spécialisée dans la recherche de musiciens. » L'agence récolte « les cassettes et tous les contacts de musiciens à la recherche d'un groupe et les envoie dès qu'un groupe a besoin de quelqu'un ». Le groupe arrête finalement son choix sur une cassette du chanteur américain David Reece (ex-Dare Force). L'agence est tenue par Lucy Forbes, une amie du chanteur, qui la met en relation avec le groupe. « Celle-ci, explique le chanteur, connaissait Dieter Dierks le producteur. J'ai enregistré quelques démos avec Mitch Perry, il les a écouté et m'a demandé de passer une audition pour Accept et le reste c'est de l'histoire! »

Le groupe est enthousiasmé par la voix du chanteur : « On est parti au Japon pour faire des essais en studio, se souvient Baltes, et nous avons immédiatement réalisé qu'il était l'homme qu'il nous fallait. Il a une voix fantastique et c'est un personnage hors du commun. » Cependant Hoffmann remarque rétrospectivement que si le chanteur correspondait alors à leurs attentes artistiques, cela n'a, en revanche, jamais vraiment fonctionné au niveau personnel. C'est également à cette époque que Jörg Fisher quitte le groupe. Comme l'explique Baltes : « Juste avant de débuter l'enregistrement de l'album, nous étions tous très excités à l'idée de travailler avec Dave et refaire un album différent ensemble, mais Jörg semblait peu enthousiaste. Il n'avait pas vraiment envie de bosser et il apparut qu'il devenait presque un boulet pour Accept. Il nous stoppait dans notre lancée et nous avons décidé de nous séparer de lui. »

Eat the Heat (1989)

Entre l'été 1988 et le début 1989, le groupe peaufine de nouvelles chansons. En recevant la démo, Dieter Dierks est émerveillé et décide de produire l’album. Mais sa réalisation prend beaucoup de temps, car le groupe voulait réaliser « l'album ultime d'Accept, pas seulement un de plus ». À l'arrivée du nouveau chanteur, une grande partie de l'écriture de l'album est déjà finie au niveau instrumental et mélodique. Reece apportera, malgré tout, sa contribution en complétant ou en modifiant certains arrangements vocaux et en proposant certaines idées mélodiques pour le chant. Finalement, le groupe est très satisfait de l'album et prêt à partir sur les routes. Le guitariste londonien Jim Stacey (ex-Breakpoint) rejoint le groupe à ce moment, prenant la place de Fisher. Il a été contacté par Gaby Hauke le manager, après lui avoir envoyé une cassette. Mais il est recruté tardivement après l'enregistrement de l'album. Le guitariste apparaît malgré tout sur les photos de l'album. C'est donc Hoffmann, comme souvent auparavant, qui a assuré l'enregistrement de toutes les parties de guitares.

L'album s'avère très différent du style de musique pour lequel le groupe s'était fait connaître, tant au niveau de la composition, de la production que du style de chant. La musique se tourne vers un style de hard FM américain proche de la musique de Bon Jovi. La presse de l'époque ne manque pas de souligner qu'un tel album risque de dérouter les anciens fans du groupe. Mais le groupe reste confiant : « Au bout de 6 ou 7 ans, je crois qu'il est stupide d'essayer de refaire ce que tu as fait auparavant, explique Baltes, tu tournes très vite en rond. Cela devient ennuyeux et tu lasses ton public si tu n'évolues pas. Il est évident que Eat the Heat marque un tournant dans la carrière d'Accept, mais nous avions besoin de ce changement et je pense que nos fans ne seront pas déçus, je ne crois pas qu'ils désirent entendre la même chose à chaque fois, ils évoluent aussi. Je pense également que pas mal de gens qui n'étaient pas réceptifs à ce qu'on faisait vont découvrir un nouvel Accept et vont adorer cet album. »

L'album est bien reçu par la presse, notamment Metal Hammer et Hard Force. Ce dernier estime même que le groupe revient en force et voit dans cet album un condensé des sensations rythmiques de Metal Heart et de la musicalité de Russian Roulette. Il considère, par ailleurs, que le chant est parfaitement tenu par David Reece avec un style relativement agressif et très performant.

Mais malgré les réactions positives, l'album n’obtient pas le succès escompté. Bon nombre de fans rejettent cet album, jugé trop commercial. Le groupe entame une grande tournée aux États-Unis aux côtés du groupe W.A.S.P.. Celle-ci fut une grande déception, avec un public restreint et des concerts dans des petits clubs. Après la tournée américaine, le groupe se rend en Europe pour effectuer une plus petite tournée. Au cours de cette tournée, Stefan Kaufmann se plaint de douleurs dans le dos. Il doit retourner en Allemagne pour être hospitalisé d’urgence dû à des problèmes musculaires. Il est remplacé pour le reste de la tournée par Ken Mary ancien batteur de Fifth Angel (en). La tournée se complique encore dû au comportement du chanteur qui s'avère vite incompatible avec le reste du groupe : « On s'est jamais vraiment entendu, estime Hoffmann rétrospectivement. C'était une de ces personnes qui, par exemple, était constamment, paranoïaque sur tout. Il était toujours du genre à nous sortir des trucs comme « Mec, qu'est-ce qui se passe ? Je peux sentir qu'il se passe quelque chose ?. » Et nous, nous lui disions « mec, relax ! Il se passe rien. » Il était toujours en train de flipper pour quelque chose et c'était dur à gérer. C'était très très dur pour lui de se concentrer et de faire son travail. On était pas sur la même longueur d'onde. Je veux dire nous sommes le genre de musiciens à travailler très dur, nous adorons jouer et lui, était plutôt du genre à faire la fête. C'était vraiment dommage, car il avait vraiment un voix géniale et on aurait pu faire un long chemin. Peut-être était-ce un décalage culturel, lui était américain et venait d'un contexte totalement différent du nôtre, mais je n'y crois pas vraiment. C'est juste qu'on s'entendait pas. »

Première pause (1989-1992)

Les problèmes de drogue du chanteur et son attitude agressive finissent par miner l'ambiance du groupe. Reece ira jusqu'à se battre avec Peter Baltes. À la suite des déboires rencontrés, le groupe décide de jeter l'éponge. Par un commun accord entre Baltes, Hoffmann et Gaby Hauke, Reece est congédié. Il semblait, en effet, difficile au groupe de continuer dans ces conditions : « Ce fut super difficile, raconte Hoffmann, et c'est là que je me suis dit : « mince, il ne reste plus que Peter (Baltes) et moi. Et ce n'est plus vraiment le groupe que nous étions. » Et puis alors Dave Reece et Peter se sont pris dans une bagarre majeure à propos de je ne sais plus quoi, et là j'ai dit, « mec, arrêtons les frais ». »

Ils publient à titre posthume un double live, Staying a Life enregistré en 1985 (lors de la tournée de Metal Heart) à Osaka (Japon).

Première reformation (1992-1996)

Au regard du succès de l'album live et face à l'insistance continue des fans, le groupe décide de se reformer en 1992. Hoffmann évoque à ce propos les circonstances qui les ont amenés à se reformer : « Depuis la séparation du groupe, nous étions toujours restés en contact les uns avec les autres. De temps à autre, nous nous passions un petit coup de fil et nous nous tenions au courant de l'évolution des choses. Puis, la destinée a voulu qu'à un certain moment, nous nous retrouvions tous en Allemagne. Pour ma part, j'étais revenu des USA depuis un an et demi. Stefan Kaufman et Udo étaient toujours là, et nous avons vu Peter Baltes débarquer pour prendre des vacances. C'est à ce moment-là que nous nous sommes réunis et avons décidé de tenter l'expérience de rejouer ensemble. Nous avons donc répété : une reformation s'imposait ! Pendant tout ce temps écoulé, chacun d'entre nous avait vécu son expérience et nous avons réalisé qu'Accept était ce que nous faisions de mieux. Nous avions constamment en tête cette comparaison : 'pourquoi cela n'est pas aussi bien qu'Accept, dans son ancienne formule ?'. Alors quand s'est présentée cette occasion de jammer ensemble après quelques bières, nous avons voulu tenter le coup et voir si ce serait comme avant. Souvent, avec le recul, on a tendance à idéaliser les choses. Il nous fallait savoir si ce n'était pas le cas. Dès les premiers morceaux, c'était comme si nous ne nous étions jamais séparés : tout se passait vraiment pour le mieux, comme au bon vieux temps. C'est donc tout naturellement qu'Accept a retrouvé vie. »

Accept se reforme donc, mais sous un effectif de quatre personnes, avec un seul et unique guitariste, au lieu de deux. Hoffmann préférant s'occuper de toutes les parties de guitare (rythmique et soliste).

Objection Overruled (1993)

Le nouvel album, Objection Overruled, sort en janvier 1993. Il connaît un succès très correct. Tirant les leçons de l'échec de Eat the Heat, le groupe entendait revenir à un style proche de Restless and Wild et Balls to the Wall. « On sentait », expliquait Hoffmann, « qu'on devait revenir aux vieilles formules en laissant de côté toute sorte d'expérimentation et on a fait ce pour quoi Accept est connu. »

Il en résulte une musique emprunte de titres heavy et speed agressifs et incisifs. Un titre comme Objection Overruled reste proche de morceaux speed comme Fast As as Shark tandis que I don't Wannabe Like You se rapproche plus d'un morceau comme Balls to the Wall. L'influence de AC/DC reste présente sur certains titres (Donation ainsi que sur le bonus track japonais Rich and Famous). Contrairement à d'autres albums d'Accept, Wolf Hoffmann se souvient d'Objection Overruled comme d'un album facile à enregistrer : « C'était génial ! Je veux dire, les retours sont toujours géniaux, parcequ'on sent cet état d'esprit ou cet air frais souffler à nouveau. C'était génial. On s'est vraiment amusés. »

La tournée est un triomphe. Pour les besoins de la tournée le groupe engage Arjen Anthony Lucassen (ex Vengeance) qui partira à la fin de celle-ci.

Death Row (1994)

En 1994, après le succès de la tournée, le groupe décide de continuer l’aventure, et commence à travailler sur un nouvel album Death Row. Au cours de l’enregistrement de cet album Stefan Kaufmann souffre à nouveau de problèmes de dos et doit être hospitalisé. Pour finir l’enregistrement le groupe engage Stefan Schwarzmann, ancien batteur de Running Wild et de U.D.O. (entre autres). L'album marque un changement de style inspiré par le Groove metal et l'alternatif en vogue à l'époque. C'est l'un des albums les plus agressifs et les plus aventureux du groupe. Hoffmann explique sa démarche à cette époque : « On essayait de se mettre un peu au goût du jour. Des riffs plus rugueux, plus répétitifs. On s’était un peu lassé de faire encore et toujours les mêmes choses. Vous savez, ces grands chœurs massifs, les mélodies teutonnes. On s’en était lassé - du moins Peter et moi. Alors on voulait essayer d’avancer, mais on n’a pas réussi à trouver notre chemin. Rétrospectivement, je ne sais pas ce que nous aurions pu faire et du faire. [?] Je jouais un riff et immédiatement après, je me disais : et merde, je l’ai fait des millions de fois. C’était pas bon. C’est pourquoi on a essayé d’élargir notre style et d’essayer des choses que nous n’avions pas encore faites, on était très excités à cette idée. Mais je crois que le public n’était pas trop enthousiasmé par tout ça. »

Comme le souligne Hoffmann, l'album sera mal reçu chez beaucoup de fans qui n'apprécient pas le changement de style, le trouvant trop aventureux. Inversement la presse metal de l'époque, bien que positive vis-à-vis de l'album, le trouvera encore trop ancré dans un style traditionnel. En témoigne la chronique de Hard Force de 1994 : « Planquez vous ! Les rev'là ! Un nouvel album d'Accept, c'est un peu comme une Panzerdivision reformée avec le bon commandant Udo Dirkschneider à sa tête. Et point n'est besoin d'opposer une quelconque résistance. N'espérez pas la moindre tendresse de la part de ces heavy metalleux endurcis. Le passé est toujours le présent et le mur de guitares ne semble pas fissuré. OK, on décèle de-ci de-là quelques additifs au niveau de la production qui donnent une saveur plus actuelle à certains titres comme Loaded Gun. The Writing on the Wall également peut passer pour un sucre d'orge à côté de la violence primaire de Death Row ou Sodom and Gomorra. [?] On note également une réactualisation d'un des titres les plus intéressants de l'album Eat The Heat (le seul qui ait été enregistré sans le blondinet chanteur Udo). Generation Clash. Et cette fois encore, ce morceau s'avère comme l'un des morceaux les plus captivants de l'album? six ans après ! Tout le reste [?] n'est qu'étalage de metal du meilleur cru et cela ravira certainement les nombreux et toujours vaillants fans du genre. Les autres, eux, se dispenseront sans doute d'un tel retour en arrière et préféreront de RATM, sans avoir forcément raison d'ailleurs. »

Certaines critiques sont même parfois très élogieuses, comme celle de Dinosaur Rock.

Predator (1996)

En 1995, les membres sont éloignés les uns des autres. Le groupe décide d’enregistrer un album. Le groupe se rencontre à Nashville pour enregistrer et c’est Michael Wagener qui produira le nouvel et dernier album (Predator). Le groupe engage un nouveau batteur Michael Cartellone (ex Ted Nugent et Damn Yankees). l’album sort en janvier 1996. Le style de l'album s'avère inhabituel. Il marque une plus grande variété stylistique : On note plusieurs références à la musique orientale, au blues, au rock alternatif, ainsi qu'une utilisation de rythmes tribaux, de boîte à rythme, de passages acoustiques inhabituels, de filtres sur les voix. Cette époque marque de nombreuses tensions internes entre Dirkschneider et Hoffmann. Dirkschneider n'est pas d'accord avec la démarche aventureuse de Hoffmann vis-à-vis des nouvelles approches stylistiques qu'il explore. À la suite du refus de Dirkschneider de chanter trois chansons écrites par Baltes et Hoffmann (Lay It Down, It ain't Over Yet et Primitive), ces derniers décident de les enregistrer malgré tout en confiant le chant à Baltes. Dirkschneider a longuement critiqué ce choix, accusant les deux musiciens de l'avoir mis devant le fait accompli.

Cet album n’est pas un franc succès et à la suite des tensions, le groupe décide de se séparer durant l'été 1996 après son dernier concert en juin à Tokyo. Interrogé sur les raisons de la nouvelle séparation Hoffmann raconte : « Nous avions du succès avec cette histoire de reformation, et puis du jour au lendemain Stefan s’est retiré, à cause de ses problèmes de dos - officiellement. Et jusqu’à ce jour, ce qui s’est vraiment passé reste un mystère. C’est comme si une des pierres angulaires du groupe n'était soudainement plus là. Et plus ça allait et plus le groupe se dessoudait, avec d’un côté Udo et de l’autre moi et Peter - Stefan n’était plus là. C’est devenu nous contre Udo: il ne voulait pas faire ce que nous voulions, et nous ne voulions pas ce que lui voulait. À la fin, on n’arrivait plus à s’entendre sur quoi que ce soit. [?] Il faut ajouter qu’à cette époque, ça devenait de plus en plus dur de tenir la route. Personne ne s’intéressait plus à ce type de musique - ce qui n’a pas aidé. Je veux dire, le milieu des années 1990 [avec le succès du grunge et de l'alternatif] fut très dur pour le metal. Une grande partie de notre public n’était plus là. Et on luttait pour garder notre identité. On ne pouvait pas continuellement faire le même truc encore et toujours. On avait besoin en quelque sorte d’évoluer un peu. »

Seconde pause (1996-2004)

Le groupe se sépare après la tournée de Predator. Dirkschneider reforme la même année son groupe U.D.O. à l'occasion d'un album tribute pour Judas Priest. Stefan Kaufmann le rejoint. Hoffmann entame une carrière professionnelle de photographe publicitaire. En 1997, en guise d'adieu, un album live sort : All Areas World Wide, un live reprenant divers enregistrements de tournées entre 1993 et 1995 à travers différents endroits du monde, et comprenant des morceaux des différents albums de Breaker à Death Row. Cependant aucun titre extrait de Predator ne figure sur le live. En 1998, le même live sort sous un nom différent Final Chapter et une couverture alternative destinée aux marchés américain et japonais. En 2000, Hoffmann enregistra un album solo reprenant bon nombre d'airs classiques qu'il jouait avec Accept (sur disque ou en tournée), arrangés dans un style rock, blues et hardrock.

Seconde reformation (2005)

La carrière d'Accept semblait terminée. Mais en 2005, le groupe se reforme temporairement pour une tournée des grands festivals européens et japonais. Cette tournée passe notamment par le Wacken Open Air, le Rock Hard en Allemagne, le Sweden Rock, le Gods of Metal (Italie), le Wâldrock aux Pays-Bas et le Graspop Metal Meeting en Belgique.

Selon Hoffmann, l’idée commence à germer deux ans auparavant, en 2003, sous l’impulsion de Gotz Kuhnemund, le rédacteur en chef de l’édition allemande de Rock Hard Magazine. Ce dernier est plus ou moins en contact avec Gaby Hoffmann, la manager. Ils se remémoraient les souvenirs, vingt ans en arrière, et l’idée d’une réunion à l’occasion de l’anniversaire des vingt ans du magazine est venue. D’autres propositions sont venues appuyer l’idée par la suite. Ils cherchèrent donc à recontacter les anciens membres du groupe. Mais le chanteur Udo Dirkschneider déclina la proposition, car pris dans la carrière de son groupe U.D.O., à ce moment-là. Le projet n’aboutit donc pas.

Les Hoffmann tentent, à nouveau, l’année suivante, de convaincre le chanteur de participer. Ce dernier est, cette fois-ci, disponible pour quelques concerts. Le groupe commence donc à répéter au début de l’année 2005. Dirkschneider propose, au départ, de faire venir toute son équipe de roadies, ainsi que Franscesco Jovini, le batteur d’U.D.O.. Ils auditionnent le batteur et sont assez satisfaits de sa performance. Entretemps, Le batteur, Stefan Schwarzmann venait de quitter Helloween, et était disponible. Comme il avait déjà joué au sein d’Accept durant les années 1990, ils préfèrent se tourner vers lui. Il est également question de la participation de Stefan Kauffmann, l’ancien batteur du groupe, en tant que second guitariste. Mais selon Hoffmann, ce dernier n’est pas intéressé. Par ailleurs, il apparaît plus approprié, aux yeux de Hoffmann, de faire participer l’un des guitaristes d’antan. Ils cherchèrent donc à recontacter Jörg Fisher, sans succès. Ils se tournèrent alors vers Herman Frank, l'ancien guitariste de l’époque de Restless and Wild et Balls to the Wall, qui fut enthousiaste à l’idée de les rejoindre.

Le concert final se déroule le 27 août 2005 à Kavarna en Bulgarie au festival du Monsters of Rock. Cette tournée suscita de nombreux espoirs de revoir le groupe continuer sur la lancée et enregistrer de nouveaux albums. Mais Dirkschneider restait hostile à l'idée, préférant se consacrer à son groupe U.D.O. : « Ce serait un problème. Vous savez, il est facile de jouer des vieilles chansons, parce qu'elles existent déjà. Surtout pour moi parce que j'interprète toujours certains classiques avec U.D.O, mais pour les autres membres, ce fut plus dur. Mais tout le monde a fait un boulot extraordinaire sur scène. Je comprends que des gens veuillent un nouvel album d'Accept, mais composer des chansons à nouveau ensemble serait un désastre. On détruirait plus qu'on créerait. On a une bonne entente à présent et il est préférable de laisser les choses ainsi. »

Troisième reformation (depuis 2009)

Tout semblait fini, mais en mai 2009, une possible réunion d'Accept refait surface lorsque le bassiste Peter Baltes révèle qu'il a passé un week-end chez lui en Pennsylvanie à jammer avec le guitariste Wolf Hoffmann. « Quelque chose d'extraordinaire est en train de se mettre en place, expliquait Baltes. Dès que je peux, je vous le ferai savoir. Faisons battre le « cœur de metal » (Metal Heart) à nouveau. » Le 14 mai, on annonce que Udo Dirkschneider ne participera pas à la possible réunion d'Accept.

Dans une interview à Metalzone, Dirkschneider s'xplique concernant son refus de faire partie de la reformation : « Ils m’ont demandé, en premier, à moi et Stefan [Kaufmann] [de les rejoindre]. Mais j’ai déjà participé à une reformation. Ça ne marche pas en fin de compte. Je l’ai fait, en 2005, avec eux. [?] Ils sont sortis du business depuis 15 ans et ils n’ont pas fait de nouvelles chansons, rien de nouveau, et pour moi c’était prendre un risque que de participer à cette reformation? Je sais fermement qu’il n’est pas possible de faire de la musique ensemble - comme composer des nouveaux morceaux ensemble ; je sais pertinemment que ça ne fonctionne pas - Et ce risque, pour moi, est trop grand. Je veux dire, je suis très satisfait d’U.D.O., et je pense qu’avec U.D.O., nous prolongeons en un sens l’esprit d’Accept. Je suis à présent engagé avec U.D.O. depuis plus longtemps. - J’ai sorti plus d’albums avec U.D.O qu’avec Accept. Et j’ai dit « non, je suis plus à l’aise avec ce que j’ai maintenant. Je fais exactement le type de musique que j’aime faire. ». »

L'ancien chanteur de TT Quick, Mark Tornillo est alors contacté et est choisi comme remplaçant de Dirkschneider. Cette nouvelle formation inclut aussi le guitariste Herman Frank (ancien guitariste de 1982 à 84 et en 2005) et le batteur Stefan Schwarzmann (batteur du groupe en 1994 et 2005). Le groupe se met dès lors à l'écriture de nouvelles chansons et enregistre un nouveau disque pour 2010 avec le producteur Andy Sneap (qui avait précédemment travaillé sur les disques de Megadeth, BLAZE, Exodus, Testament, Arch Enemy et Onslaught). Ce nouvel album est intitulé Blood of the Nations.

Lors d'un reportage avec Blabbermouth durant l'enregistrement de ce nouvel album, le groupe revient sur les circonstances de la réunion : Hoffmann explique que « Tout a commencé en 2005, on a eu un tel succès lors des festivals, qu’on savait qu’on voulait revenir. Être là à faire un nouveau disque, c’est carrément incroyable, surtout d’avoir cette formation presque d’origine [?] Puis tout à coup, comme je le disais, on a trouvé Mark. » Baltes explique que « Udo était censé prendre part à ceci. Vous savez, quand on a fait les festivals en 2005. C'était un peu court. Mais Udo était déjà pris par U.D.O, ce qu'on pouvait comprendre. [...] On était complètement étonnés parce que d'un seul coup on avait quelqu'un comme Udo, mais qui n'est pas un clone. Il a son propre caractère. ». »

Blood of the Nations<

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