Hellfest 2022 - Entrée en matière du jeudi 16 , puis immersion dans le vendredi 17 Juin


Le plus difficile au Hellfest est peut-être, chaleur ou non, de devoir choisir quel groupe on décide d'aller voir, car avec une prog pareille, il est plus que probable qu'il y en ait deux voir plus , en même temps !

Et ça a commencé comme ça dés le vendredi. Nous, on est plutôt du genre à attaquer vers les 15h, ne campant pas cette fois sur le site mais logeant chez l'habitant à quelques kilomètres de là, et ayant besoin de charger les batteries un max face aux 3 jours de folie qui nous attendent et après avoir eu une sympathique soirée d'adaptation dés le jeudi avec une programmation musicale d'emblée explosive et pleine de « poésie » ( à la punk) côté métal Corner avec par exemple le terrible « Joe La Mouk » qui a joué pile au moment de notre arrivée vers les 21h, le temps d'avoir une pinte en main ; ça tombe bien, on voulait le voir, on ne fut pas déçus .

Un métal Corner qui paraît à chaque fois, et qui est sans doute, toujours plus grand et mieux aménagé, avec des festivaliers déjà en furie et trépignants d'envie de s'éclater après ces éternelles années d'abstinences, idem évidemment, pour les artistes.

En ce jeudi également du côté du Hell city Square où est installé au cœur de la place un ring avec des scènes de catch qui attirent elles aussi leur public, il y a une petite scène où nous avons nous, pu tomber sur le groupe **** aux sympathiques tonalités de pirates métal , certes d'après leur tenue pirates mais aussi de par leurs textes portés en partie du moins sur les thèmes d'aventures marines, avec un chanteur à l'énergie et au bagout plutôt saisissant qui nous ont fait nous arrêter et savourer le concert en son entier de ce groupe que nous ne connaissions pas auparavant.

Une sympathique « mise en bouche » donc avant de débarquer le vendredi avec d'emblée , un choix à faire , pour deux groupes aux antipodes musicales les uns des autres ; à savoir les rockers Inspector Cluzo sur une des gigantissimes deux scènes de Main Stage en plein soleil, ou le groupe de Black métal Français « Seth » sur la scène du temple , scène conséquente également et sous une sorte de tente noire géante? !

A l'agonie après avoir marché quelques dix minutes sur une route goudronnée en plein cagnard à l'heure de pointe solaire, afin de retrouver le festival en partant des parkings aménagés aux alentours de celui-ci afin de faciliter la bonne circulation dans la ville de Clisson, nous avons après avoir passé l'espace VIP/Presse atterris en toute logique à l'une de ses 4 scènes plus petites que les mains stages mais gigantissime cependant, « le Temple », située à l'entrée ou presque du site, et nous permettant malgré une atmosphère tropicale, d'être à l'ombre.

Désolé les Inspectors, ce sera pour une autre fois. Bien que pour ces derniers les brumisateurs actifs ont permis à un public massivement présent de tenir sous ces quelques quasi 40 degrés.

Et ça a facilité notre choix, j'avais très envie de voir ce groupe de Black métal français, Seth, parmi les pionniers du genre en France. Et je n'ai pas été déçue, m'imprégnant avec bonheur dans cette chaleur mouate de leur Univers sombre et théâtral. Même si je ne me suis pas approchée au tout devant de la scène le travail de ces derniers étaient palpables , avec un chanteur dont la remarquable tenue m'a directement séduite, me rappelant personnellement un Seigneur Palpatine à la Star Wars, qui a peu à peu envoûté avec ses confrères musiciens la salle à coup de rituels , chants screamés en Français ( et en alexandrins s'il vous plaît pour les titres du dernier album «  La morsure du Christ » ) et riff accérés. Une ambiance et des mélodies ténébreuses comme je n'avais savouré depuis longtemps, un pur régal. J'étais prête pour l'interview que je devais réaliser avec eux, le lendemain, impatiente même, avec des questions qui me brûlaient déjà les lèvres.

Saint Vincent chanteur du groupe et qui a composé les textes du dernier album, confessera le lendemain à quel point il était difficile , malgré le plaisir qu'ils en ont tiré, de jouer dans ces conditions et sous des tenues accentuant encore les degrés, cela ne s'est senti en rien côté public, sans dire que cela nous a rafraîchi, on en aurait presque oublié la chaleur !

Imprégnée de cette noire atmosphère, je suis de mon côté ensuite allée rejoindre au secteur presse et Vip du festival .Sakis de la formation grecque «  Rotting Christs », qui joueraient quelques heures plus tard au temple, et que je ne manquerais pour rien au monde.

Par cette chaleur nous n'étions pourtant pas si mal sous un parasol, pour un échange à retrouver sur les ondes et la page facebook du Global Métal Warming . Sakis parle peu, et parle bien. Il a raison ! Il faut économiser ses forces par ce cagnard ! Son regard bienveillant et profond, imprégné d'une forme de sagesse et de mystère, est quelque chose que je n'oublierais jamais.

Par la suite et après s'être abreuvé de beaucoup d'eau et de (sans doutes ?) quelques bières aux degrés légers, c'est vers « Opeth » en main stage que nous nous dirigeons. On est assez loin, mais le son est bon, et la magie des écrans géants fait que l'on y participe vraiment, même si rien ne vaut bien sûr d'être au devant de la scène et de voir les artistes en transe dans des dimensions,,, humaines. On y ressent un Mikael Akerfeldt complètement immergé dans son art, et alternant par le métal progressif bien connu du groupe avec beauté et mysticisme, tout en mélodie et riff lourds, les passages growlés et chantés d'une voix claire, vers laquelle le groupe s'est dirigé de plus en plus au fil de son évolution. Conclusion : je dois les revoir sans en rater le début, et en étant plus prés:-D

Arrive ensuite l'heure des « Rotting Christ », 19h, au Temple. La température est toujours aussi intense, malgré l'heure. Nos corps sont liquides, mais on tient bon. L'eau prime sur la bière, et autant vous dire que pour un Hellfest, c'est un fait plutôt rare !

On adopte vite la technique de la « casquette imbibée » d'eau, qu a le mérite de ne pas sécher en deux secondes et de vous dégouliner sympathiquement sur le corps pendant de longues minutes, tout en maintenant le cerveau qui prend cher, dans une forme de ..fraîcheur ? !

Rotting christ m'envoûte et m'enveloppe par leur black métal mystique mais également très dynamique en live dans cette aura de chaleur et de bonheur , le tout sans l'ombre d'un effort.

Sans pour autant rester forcément toujours à la même, on a tous je pense nos scènes de prédilection au Hellfest, les mains stages 1 et 2 accueillant diverses énormes formations au public massif , le « Temple » les groupes aux tendances plutôt Black métal, pagan métal ou encore folk ; la Valley les musiques plus rocks et alternatives voir extraterrestres, Altar les « gros bourrins » , du death métal au grindcore , et enfin la scène dite « punk » de façon large, la Warzone.

En ce qui me concerne, ma maison au Hellfest, c'est un peu le Temple !

Après quelques déambulations et re re hydratations, place au « Dropckick Murphys », main stage 01.

Changement d'ambiance, je ne me rappelle même plus de la chaleur pourtant encore absolument présente à ce moment là , je ne me rappelle que de la bonne Ambiance, des sourires, de cette musique enivrante au tonalités punk celtiques de ces américains mais qui envoient pourtant comme un vent Irlandais et qui donnent envie de , , euh boire de la bière et danser , même en plein cagnard car celui ci ne faiblit que si peu ! Cornemuse flûte guitares et double pédale, à ce moment là, c'est ça, la vie ! ! ! !

Nous glissons ensuite en toute logique et par curiosité , un brin aussi par facilité vers l'autre « Main stage » qui est ;;juste à côté, mais pas pour autant si facile d’accès avec les quelques milliers de personnes qui se tassent en ces contrées ! Il suffit donc soit d'anticiper, soit de se laisser glisser au cœur de la marée humaine sans stress aucun car la bienveillance et le respect sont ici Légion.

Sur la main stage 02, ce sont alors les américains de « Five Fingers Death Punch » qui vont jouer.

Là, on serait plus dans le dit « Groove métal », comme c'est bon, aussi , de varier les plaisirs de style qui ont chacun leur saveur propre !

Ivan Moody au chant, change de tenue, aérienne cool et very améwicaine, quasiment à chaque chanson, le regard se laisse aussi happer par la phénoménale barbe à dread ( ! ) du guitariste dont le son ravageur ne fait que sublimer la vision ! ! !. La double pédale y est saisissante, la voix de Ivan succulente, le tout énergisant et bondissant ! On sent le chanteur très concerné là aussi par le public présent en masse malgré la chaleur, qui fait distribuer des bouteilles d'eau en rab aux rangs du devant, on le sent également totalement dans l'empathie et l'humilité , lorsqu'attendrit par un enfant au premier rang, il lui offre,,, une batte de base ball !Gros plan sur les étoiles dans les yeux de celui-ci....et un souvenir pour toute sa vie.

Pour finir ( ou « me finir » ? ! ) en beauté je fus tiraillée comme souvent entre deux choix, les supers dynamiques et efficaces « Suicidal tendencies » sur la scène de la War Zone , ou les légendaires et Sombres Empereurs du Black métal Norvégien , « Mayhem »...

Une fois encore le côté Obscur l'emporte sur moi, et je reste scotchée à Mayhem ainsi qu'aux gestes rituels de Attila Csihar pour une lituanie noire dans laquelle je m'enfonce avec délectation, cernée de notes plus sombres les unes que les autres et de sons telle la voix d'Attila semblant émaner directement « De Profondis ».

Après cela, c'est heureuse et Dark à souhait que je repars, toujours en short et dans les quelques 22 degrés à 3h du mat, rejoindre Morphée pour affronter le lendemain, une journée annoncée même si cela est difficile à croire, comme plus chaude encore.

Sophie BAUDOUIN - Radio Zig Zag