Hellfest - Dimanche 19 Juin


Une grosse dernière journée nous attend, pas d'interviews prévues ce jour-là, « gros lâchage en vue » avais-je pensé, et oui, slammer sans enregistreur dans le sac, c'est mieux, j'ai déjà commis cette « erreur » devant les « Ultra Vomit » en 2019 !

Seulement là de lâchage il n'y aura point, car pompés sans doute par la chaleur caniculaire et vampirique de ces deux derniers jours , plus tous les kilomètres qu'on fait au Hellfest ( plus les quelques bières peut-être ? ), on est ultra mous et évolue à la vitesse de personnes de ? 80 ans ?

Mais quel bonheur de s'en prendre pleins la tronche même en mode légumes !

Si il y un groupe qu'on ne veut pas rater, ce sont les Urkrainiens de « Jinjer », avec la Belle et Impressionnante Tatiana au chant. Le groupe est en arrêt forcé depuis le début de la guerre qui fait rage dans leur pays, mais ont eu autorisation de sortie du territoire pour les festivals d'été, et sensibiliser par ce biais sur la situation dans leur pays. Le groupe en profitera pour lâcher via Tatiana un joli « Fuck the War » qui sera acclamé ouvertement , remerciera du soutien et prendra la pose avec le drapeau de leur pays, foule acclamant en arrière plan.

Et bien sûr, le concert ne sera que délice, après avoir attendu devant une « Doro » qui perso n'était pas ma tasse de thé ( ou devrais-je dire ma pinte de bière ?!) et face à laquelle nous avons un peu souffert pour attendre « Jinjer » au devant de la main stage, en plein soleil même si la température était revenue à une certaine normale, en dessous des 30, et qu'on ne suffoquait enfin plus du tout.

Chacun des goûts ! Mais Jinjer n'en est que plus une délectation. Un choix sans doute, on ne les voit pas sur les grands écrans, bon, nous, on s est fout, on est relativement devant , et peut distinguer une Tatiana tout en beauté, aérienne, douce et bestiale à la fois.

On aime, quoi !

Après un gros trou spatio-temporel ( c'est dimanche hein ), où je ne me rappelle plus vraiment ce qu'il s'est passé, si ce n'est que réalisant être déjà le dernier jour de ce premier weekend qui serait aussi et hélas le dernier jour tout court pour nous au Hellfest, on en a profité pour faire un peu de « tourisme » et prendre quelques photos en rab en se baladant sur ce magnifique site, constatant quelques nouveautés face aux éditions précédentes comme certes, la nouvelle statue de Lemmy qui semble flotter au dessus du public et qui est très réussie même si la précédente pour moi était juste époustouflante et inégalable, cette dernière s'est visiblement hélas dégradée rapidement et a du être remplacée.

C'était un Lemmy façon pirate qui brandissait son point au dessus de la foule arrivant ou repartant de la War Zone ; foule qui faisait alors penser à un mouvement marin, Lemmy trônant sur une mausolée de crânes et corps semblant tout droits sortis de l'Enfer avec en dessous, un autel en cage dédié au personnage c'était juste , magnifique.

On se réveillera de cette échappée touristique dans Altar, devant les « Dying Foetus » ! Difficile de faire autrement. On s'en (re) prend plein la poire, je m'attendais à quelques choses de style « Cannibal Corpse » un peu dur à suivre pour moi mais pas du tout, j'ai « kiffé » les « Dying Foetus » qui sont oui des gros bourrins mais auxquels j'ai réussi à adhérer totalement ! Je me sentais même ressusciter ! ( Non le Blanc dans mon verre n'y était pas pour quelques chose)

Et puis bien sûr, Korn. Korn les magnifiques, Korn les sublimes. On se dirige le plus au devant possible de la « Main stage 01 », un exercice pour lequel il faut prendre du temps, plus encore en ce jour de mollesse extrême ! ! ! Mais on y parvient et on ne sera là encore, pas déçu du voyage. Le groupe exprime clairement sa joie d'être de retour parmi nous après ces années de carence, et leur joie est plus que communicative. Ils enchaînent les titres monstrueux et nous ravissent un peu plus à chaque fois. Au devant, ça slamme, de partout, ça saute, ça danse , c'est l'apothéose ! Le public chantera même en fin de concert un « Happy birthday » au guitariste ****, dont Jonathan Davis le chanteur et compositeur du groupe avait précisé avant que c'était son anniversaire , et lui amène un mimi petit gâteau ! Qu'il soufflera gaiement en précisant que c'est aussi l'anniversaire de Maria, le batteur de « Gojira » ! !

Par la suite lors d'une autre croisade nous passerons devant la « Valley », où dans un tout autre style c'est « Perturbator » qui est en train d’œuvrer. Une valley qui se laisse aller à ce son dark mais surtout éléctro, et qui danse à tout va. Je me dis encore une fois qu'il faudra que je m'y arrête davantage à cette scène que je vois un peu comme l’élément extraterrestre du Hellfest, mais où justement on ne peut en ce qui me concerne qu'y découvrir des groupes, et rompre aussi avec le style du « métal pur et dur » en y savourant des styles complètement variés et surprenants.

Place pour une quasi fin ( nous on est déjà comme « fini » mais hors de question de partir avant la fn, Hérésie ! ! ! ! ! !) avec les monstres Français de « Gojira » à 23h15, Main Stage 01. On ne se risque pas à effectuer une avancée prodigieuse mais on est bien, le son est bon, les écrans géants sont là, on distingue même les frères Duplantier, Joseph au chant et Mario à la batterie, alors tout va bien ! ! ! Le groupe offrira un show fidèle à lui même, des sons planants des guitares tranchées, une rigueur irréprochable et un visuel riche en rayons lumineux, racontant aussi de belles histoires avec des touchantes vidéos d'animations projetées sur les écrans ainsi que des images assez hypnotiques, qui fonctionnent très, trèèès bien !

On ne s'est pas du tout endormi, on a savouré, en faisant un peu d'exercices pour déplier nos jambes et nos corps vermoulus et lourd... Comme on ressent le point de la gravité en ce jour du seigneur, c'est dingue !

Lors d'une tentative de migration (lente) après ce chouette concert , O Surprise ! Le Hellfest va encore nous en mettre plein la vue avec un sompteux feu d'artifice qui embrasse en musique tout l'horizon, en mode surprise en ce qui nous concerne ! ! Annulé la veille vu les conditions caniculaires, il aura finalement pu avoir lieu grâce aux orages et petites pluies tombés durant la nuit.

Merci Mère Nature ! Merci Hellfest !

Pour le Happy end, temps de l'hésitation, mon côté obscur avait envie d 'aller vers une belle messe noire de fin avec « Watain » , mais mes pieds et mon frère vont finalement du côté enflammé à tous les sens du terme de la War Zone où déjà, « Sick of it all » est en train de sévir, avec un set rageur et dynamique .

C'est cependant bien installé en tailleur un peu en hauteur devant le bar , tout en sirotant une dernière bière que nous profiterons du set .

Et puis, voilà que sonne le glas ( symbolique) de l'heure du départ...

Des étoiles et de la double pédale pleins les yeux et le cœur, repartons traîner nos carcasses jusqu'à Morphée, et vers de nouvelles métalliques aventures ! ! ! ! !

Sophie BAUDOUIN - Radio Zig Zag