Valence : Chenilles processionnaires : comment les reconnaître, s’en prémunir et agir contre ?


Ces dernières années, des épisodes importants de prolifération de chenilles processionnaires du pin, du cèdre et, dans une moindre mesure, du chêne, ont été observés sur l’ensemble du territoire et en périphérie de la Ville de Valence. Ces chenilles aux poils urticants peuvent, à certaines périodes de l’année, entraîner des troubles conséquents pour la santé humaine et animale, et provoquer l’affaiblissement des arbres qui les abritent.


La vigilance est donc de mise en évitant tout contact avec les chenilles, leurs nids et les zones potentiellement infestées. En effet, les poils urticants de la chenille se détachent très facilement lors d'un contact ou sous l'effet du vent.

Écopièges, tailles des arbres, installation de nichoirs à mésanges... Sur son site Internet, la Ville délivre de nombreux conseils et astuces aux habitants pour lutter efficacement contre cet insecte invasif. 

 

Comment reconnaître la chenille processionnaire ?

Cet insecte est surtout connu pour son mode de déplacement, en file indienne (formation de processions le long des branches et troncs des arbres infestés ainsi qu’au sol quand elles se déplacent après leur éclosion).

La chenille processionnaire du pin est la larve d'un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa, qui éclot durant l'été entre juin et septembre selon le climat.

La femelle papillon recherche alors un pin (ou un cèdre voire un chêne) pour y pondre ses œufs, qui seront déposés en rangées parallèles par paquets de 150 à 320, formant un manchon de 2 à 5 cm gris argenté recouvert d'écailles sur les rameaux ou les aiguilles de pin.

Ce papillon pouvant pondre ses œufs jusqu'à 5 km autour de son lieu de naissance, il existe un fort risque de prolifération de l’espèce. L'éclosion a lieu 5 à 6 semaines après la ponte.

Les chenilles se nourrissent des aiguilles de diverses espèces de pin et de cèdre.


Mesurant environ 4 cm, elles sont brunes avec des tâches orangées, recouvertes de poils.

Leur pouvoir urticant provient d'une fine poussière qui se détache de plaques situées sur le dos et la partie postérieure de la chenille.

        

 

Quelles sont les actions menées par la Ville ?

Pour contenir l’invasion et limiter la reproduction de chenilles processionnaires sur son territoire, la Ville de Valence procède à des interventions mécaniques en période hivernale (coupe et brûlage des cocons dans les arbres infectés – jusqu’à 500 cocons supprimés de cette manière chaque année), écologiques par la pose d’éco-pièges (collerettes  fixées autour des troncs des arbres infectés avec un système de sac contenant de la terre servant de leurre) et par la pose de cabanes à mésanges (prédateurs naturels).

 

Comment agir contre la chenille processionnaire ?

D’octobre à mi-février : supprimer les cocons au sécateur ou à la scie
Cette technique nécessite de monter dans les arbres pour atteindre les nids situés dans la partie la plus haute (pour des raisons de sécurité, cette opération doit être effectuée par un professionnel de l'élagage).
Il peut être utile de se servir d’un échenilloir à rallonge (sécateur) pour enlever le maximum de cocons depuis le sol. Ensuite les nids doivent être détruits par le feu pour éviter que des chenilles s’enterrent et recommencent un cycle.

De janvier à mars : poser des écopièges sur le tronc de l’arbre
Cette technique permet de récupérer les chenilles dans un sac installé le long du tronc de l’arbre infesté afin d’intercepter les chenilles lorsqu’elles descendent s’enterrer entre 5 et 20 cm de profondeur pour se transformer en chrysalides, puis en papillon de nuit.

De juin à mi-septembre : poser des pièges à phéromones
Ces pièges sont pourvus d’une pastille de phéromones femelles attirant le papillon mâle dans un bocal, dont il ne peut ressortir. L’accouplement est ainsi évité.

Toute l’année : poser des nichoirs à mésanges
La mésange, insensible aux poils urticants, est un prédateur naturel des chenilles processionnaires.

En période de nidification, un couple de mésanges consomme jusqu’à 500 insectes par jour. La méthode consiste à implanter des nichoirs à mésanges près des arbres susceptibles d’être infectés par les chenilles processionnaires.

 

Quelles mesures de précaution adopter ?

  • ne pas s'approcher de ces chenilles ou de leurs cocons et surtout ne pas les toucher.
  • ne pas se promener sous un arbre porteur d'un nid,
  • porter des vêtements protecteurs dans les zones infestées (manches et pantalons longs),
  • éviter de se frotter les yeux en cas d'exposition mais aussi pendant et au retour d'une balade,
  • en cas de doute, prendre une douche et changer d'habits en rentrant,
  • après une 1re réaction allergique aux poils de chenilles, il faut éviter tout nouveau contact car des réactions de plus en plus sévères sont à craindre.

Quels symptômes après une exposition et comment les traiter ?

Par leur structure particulière, les poils s'accrochent facilement aux tissus (peau et muqueuse) y provoquant une réaction urticarienne par libération d'histamine (substance aussi libérée dans les réactions allergiques).

Ces propriétés urticantes persistent même après la disparition de la chenille (réactions au niveau de la peau, des yeux, des voies respiratoires, du système digestif).

 

En cas d’apparition de symptômes graves, il est recommandé de consulter rapidement un médecin ou un service d’urgences.

 

Symptômes généraux
Les personnes qui, en plus des signes locaux, présentent des symptômes généraux tels que malaise, vertiges, vomissements, doivent être dirigées vers un hôpital.


Contact avec la peau
Apparition dans les huit heures d'une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements.

  • Oter tous les vêtements et les manipuler avec des gants. Les vêtements seront lavés à température la plus élevée possible et séchés au séchoir.
  • Laver la peau abondamment à l'eau et au savon.
  • On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d'une épilation.
  • Brosser soigneusement les cheveux si nécessaire.
  • Les antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons.
  • Consulter un médecin en cas de forte éruption cutanée.

 

Contact avec les yeux
Développement après 1 à 4 heures d'une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants).

Les yeux doivent être rincés, chez un ophtalmologue.

 

Contact par inhalation
Les poils urticants irritent les voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires.

L'évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin qui délivre un traitement adapté.

 

Contact par ingestion
Il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.
Diluer la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d'eau. On peut tenter d'enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l'aide d'une spatule ou d'une compresse ou en les "épilant" à l'aide de papier collant.